Erreur médicale : Quand un retard de diagnostic prive un homme actif de sa chance d’être correctement soigné

4 Fév 2026

Erreur médicale et retard de diagnostic : comment un patient actif de 72 ans a obtenu une indemnisation juste après une fracture non détectée

On pourrait imaginer qu’à 72 ans, on ralentit. Lui, non.

 Le client qui est venu consulter Maître Adélaïde FREIRE MARQUES, Avocat au Barreau de BOURGOIN JALLIEU mais exerçant également à VIENNE, GRENOBLE et LYON dans le dommage corporel, avalait les kilomètres comme d’autres boivent un café naturellement.

À pied, à vélo, sur les chemins de randonnée… il faisait partie de ces septuagénaires dont l’énergie surprend, parfois même intimide. Tout bascule pourtant un matin d’hiver, sur un virage gelé.

Un vélo qui glisse, un choc sec, une douleur à la hanche qui ne ressemble pas à celles qu’on oublie en marchant.

 La douleur à la hanche est immédiate et l’amène aux urgences. Le médecin prescrit une radiographie du bassin et de la hanche.

 Le compte rendu tombe : aucune fracture visible.

 On lui conseille de patienter, « trois ou quatre semaines », le temps que la douleur se calme. La médecine, parfois, demande de la patience.

 Mais au bout d’un mois, il ne marche plus avec la même facilité. Le simple fait de se lever devient une épreuve. Ce n’est pas une douleur qui recule ; c’est une douleur qui s’installe.

 Première erreur médicale : le radiologue n’a pas vu la fracture engrenée du col fémoral, pourtant visible sur les clichés.

Retard de diagnostic : Le second avis… qui répète la même erreur

Quand il retourne aux urgences, c’est presque à contrecœur : il ne veut pas paraître inquiet.

Le médecin consulte à nouveau le compte rendu du radiologue — mais ne regarde pas les clichés.

 Il prescrit une échographie. Encore une fois, rien « d’anormal ».

Il repart avec, en poche, un diagnostic rassurant.

 Et dans la hanche, une souffrance qui contredit tout ce qu’on lui dit.

 Le retard de diagnostic se poursuit.

 La fracture que personne n’a vue… sauf son médecin traitant

 C’est son médecin traitant, plus attentif que les autres, qui a le réflexe décisif : « Montrez-moi les images, pas seulement le compte rendu. »

 Sur l’écran, la réalité apparaît immédiatement : une fracture engrenée du col fémoral.

Visible. Évidente. Et pourtant ratée — deux fois.

 Mais il est trop tard : la chirurgie n’est plus possible.

Ce retard prive mon client de la seule chance d’être opéré.

Erreur médicale : comment démontrer la faute et obtenir une indemnisation du préjudice

Quand il franchit la porte du cabinet de Maître Adélaïde FREIRE MARQUES, Avocat au Barreau de BOURGOIN JALLIEU, ce n’est pas la colère qui parle

 Le client vient me voir tardivement, après avoir encaissé l’injustice silencieusement. Il n’est pas dans la révolte. Il est dans l’incompréhension.

 Il répète : « On aurait pu le voir, non ? »

Pour lui, tout est là. Cette fracture, on aurait pu la diagnostiquer. On aurait dû la diagnostiquer.

Et surtout, on aurait pu lui laisser le choix : se faire opérer, ou non. Il n’aura jamais eu cette possibilité.

 Il est alors conscient que les semaines perdues auront des conséquences durables.

Nos objectifs étaient clairs :

  • prouver la faute du radiologue,
  • prouver la faute du médecin urgentiste,
  • démontrer la perte de chance d’accéder au traitement adapté.

 Toutes les démarches amiables ayant échoué, nous avons demandé une expertise judiciaire.

Une expertise médicale judiciaire pour remettre les faits à leur juste place

J’ai remis à l’expert exactement le même dossier médical que celui fourni aux praticiens fautifs. Si la fracture est visible aujourd’hui, elle l’était alors.

 L’expert a constaté la faute :
✔ Oui, la fracture était visible.
✔ Oui, elle aurait dû être diagnostiquée.

 Il a cependant tenté de réduire le préjudice en estimant qu’à 72 ans, une opération n’aurait peut-être pas été si bénéfique. Comme si l’âge suffisait à effacer ce qu’a perdu mon client. Un argument trop souvent utilisé mais inexact.

Retard de diagnostic et perte de chance : La justice devra trancher et elle le fera, le tribunal reconnaît le préjudice

Nous avons assigné en justice afin que la perte de chance soit pleinement reconnue.

 Rappel essentiel : La perte de chance ne dépend pas du succès hypothétique d’une opération, mais du droit du patient de pouvoir choisir son traitement en toute connaissance de cause.

 Le tribunal a suivi notre argumentation et a accordé une indemnisation complète.

Préjudice d’agrément : démontrer qu’à 72 ans, on peut être très actif

L’assurance refusait toute indemnisation pour ce préjudice, considérant qu’à cet âge, les activités seraient limitées.

 Nous avons prouvé le contraire grâce à :

  • ses inscriptions à des randonnées,
  • ses participations à des trails,
  • ses justificatifs d’activités sportives régulières.

 Le tribunal a reconnu que le client subissait bel et bien un important préjudice d’agrément. Parce que l’âge ne réduit pas la passion, ni la perte qu’on ressent quand elle devient inaccessible.

 Un combat long, mais une indemnisation juste

 Le client craignait de refuser l’offre dérisoire de l’assurance lui ferait n’obtenir « rien ».

 Finalement, il a obtenu :
✔ une reconnaissance de l’erreur médicale,
✔ une reconnaissance du préjudice,
✔ une indemnisation fidèle à la réalité de sa perte de chance.

 Il m’a remercié pour l’accompagnement et le soutien tout au long de cette procédure exigeante.

Conseils pratiques pour toute victime d’une erreur médicale

Ce que cette histoire dit, au‑delà du dossier c’est :

 1️⃣ Toujours conserver tout le dossier médical :

  • comptes rendus,
  • clichés originaux,
  • résultats d’examens.
    Ce sont souvent les images qui révèlent la faute.

 2️⃣ Garder la preuve de toutes ses activités

Pour démontrer le préjudice d’agrément.

 3️⃣ Consulter un avocat rapidement

Avant que des documents ne disparaissent.

 4️⃣ Choisir la bonne juridiction

Dans ce dossier, j’ai opté pour le Tribunal judiciaire, et non la CCI, pour éviter qu’un collège de médecins minimise la faute.

Conclusion : réparer une erreur médicale, c’est avant tout restaurer la dignité du patient

Ce dossier montre qu’un retard de diagnostic n’est jamais une fatalité. La justice peut rétablir l’équilibre, et l’indemnisation peut compenser une partie du préjudice subi.

 L’enjeu n’est pas seulement financier : c’est la reconnaissance d’une vie active, et d’une chance que personne n’aurait dû lui enlever.

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